La vie est belle ?

La vie est belle ?

Certains se languissent des rudes matins d’hiver, il n’est pourtant pas trop tard pour fantasmer flocons et feux de bois. À l’occasion du cycle « Liberté, Égalité, Fraternité », Le Forum des Images propose fin février, deux séances pour se replonger dans La vie est belle, incontournable classique de Noël et piqûre salvatrice d’optimisme. Une aubaine pour renouer avec la musique et le génie de Dimitri Tiomkin.

Philippe Rombi pour Joyeux Noël, John Williams dans Maman j’ai raté l’avion ou plus récemment Alan Silvestri avec Le Drôle de Noël de Scrooge, nombreux sont les compositeurs à piocher dans le répertoire cultuel et populaire pour étoffer une composition et retrouver la magie de cette fête. L’un des pionniers en la matière se nomme Dimitri Tiomkin. En 1946, le long métrage La vie est belle de Frank Capra donne l’occasion au musicien de mêler compositions originales et citations. Dès les premières minutes le ton est posé, un thème principal, adaptation de la chanson américaine Buffalo Gals, suivi par quelques mesures de l’Adeste Fideles et de l’Ave Maria de Gounod, reprise du célèbre prélude de Bach.

« Le film était la quintessence de Capra. Frank pensait, du reste, que c'était son meilleur »

Malgré un accueil mitigé dans les salles américaines mais porté par des critiques bienveillantes (cinq nominations aux Oscars), La vie est belle, adaptation de la nouvelle The Greatest Gift de Philip Van Doren Stern, assied, au fil des décennies, son aura de film culte, bien aidé par d’inlassables rediffusions. « Le film était la quintessence de Capra. Frank pensait, du reste, que c’était son meilleur », déclare Dimitri Tiomkin dans son autobiographie Please Don’t Hate Me. Pourtant, si le compositeur reconnait la qualité indéniable du long métrage, la partition de La vie est belle est, pour sa part, loin d’être un heureux souvenir : « Au montage, l’enregistrement de la bande originale terminé, Frank coupa des morceaux, en interchangea d’autres et en retira carrément certains. Après ça, je ne voulus plus jamais en entendre parler ! » Il faut admettre que Capra ne ménage pas Tiomkin, remplaçant une partie du finale d’origine (notamment une citation fort à propos de L’Hymne à la joie de Beethoven) par Hallelujah, morceau d’Alfred Newman écrit quelques années plus tôt pour Quasimodo.

Dans les années 80, en fouinant dans les archives de la très sélect USC (University of Southern California), le producteur Willard Carroll retrouve la partition originale du film et décide alors, avec le compositeur David Newman (par un truculent hasard fils du même Alfred) et le Royal Philharmonic Orchestra de Londres de réenregistrer La vie est belle dans l’écrin initial imaginé par Tiomkin. Une entreprise nécessaire pour cerner avec subtilité et dans son entité, la finesse musicale de ce grand classique.

Hubert Charrier

La vie est belle, samedi 20 février à 16h30 et Vendredi 26 février à 21h00 au Forum des Images

Gagnez deux places pour la séance de votre choix en répondant à la simple question suivante : En quelle année est sortie le long métrage La vie est belle de Frank Capra ? Pour jouer rien de plus simple, envoyez-nous votre réponse à concours.lagrandeevasion@gmail.com