Sinatra m’était joué

Sinatra m’était joué

David Raksin, Jerry Goldsmith, Elmer Bernstein, nombreux sont les grands compositeurs qui jalonnent la filmographie de Frank Sinatra. Du 5 au 17 juin, La Cinémathèque française célèbre le centenaire du “gangster d’Hoboken”. Le bon moment pour replonger nos esgourdes dans cette époque bénie.

Les comédies musicales

Après des premiers pas remarqués dans l’orchestre de Tommy Dorsey et à l’aube d’une carrière solo, c’est dans les comédies musicales que Frank Sinatra fait ses premiers pas sur grand écran. Dans son propre rôle avec Amour et Swing, long métrage de Tim Whelan sorti en 1943 et surtout un an plus tard dans Escale à Hollywood, film où il partage l’affiche avec Gene Kelly. La bande originale, composée par Georgie Stoll, est d’ailleurs récompensée d’un Oscar dans la catégorie “Best Musical Score”.

“I begged her”, une des fameuses chansons d'Escale à Hollywood.

La fin des années 40 est surtout l’occasion pour Sinatra de conforter son duo avec Gene Kelly. Il y aura d’abord Match d’amour et, quelques mois après, Un jour à New-York. Dans ce dernier film, reprise d’une comédie musicale de Broadway, le travail original de Leonard Bernstein est sublimé par le talent de Roger Edens.

“You’re awful”, littéralement, “Tu es affreuse”, extrait du film Un jour à New-York.

Dans la même veine, difficile de passer à côté de Haute-Société, long métrage de Charles Walters sorti en 1956. On y retrouve “The Voice“ plein comme un oeuf et Bing Crosby sur Well, Did you Evah de Cole Porter. A noter également une séquence de Scat mémorable avec Louis Armstrong.

P'tite coupette pour la route ?

Bernstein, Goldsmith et les autres

En 1955, c’est un acteur à mille lieux de ses rôles habituels que l’on retrouve dans L’homme au bras d’or, long métrage d’Otto Preminger. Ici, les personnages romantiques ou gouailleurs ont laissé place à Frankie Machine, batteur tourmenté et héroïnomane. Le score, signé Elmer Bernstein, est un modèle du genre. Une des premières partitions à utiliser le jazz comme véritable trame sonore.

“Clark street” extrait de L'Homme au bras d'or.

1958 marque les retrouvailles entre Sinatra et Bernstein avec Comme un torrent, réalisé par Vincente Minnelli. Une partition définitivement plus classique et romantique.

Seduction, extrait de Comme un torrent, bande originale d'Elmer Bernstein.

Dans Le dernier de la liste (1963), Sinatra ne tient qu’un second rôle, qui plus est, grimé. Il n’empêche, cela reste tout de même la première incursion du jeune Jerry Goldsmith dans la filmographie de l’acteur. Par la suite, Goldsmith composera pour deux autres films de l’acteur, L’Express du colonel Von Ryan et surtout Le détective, partition superbe d’un film de Gordon Douglas. Un des derniers rôles du « gangster d’Hoboken ».

Le détective, une bande originale de Jerry Goldsmith.

Rétrospective Frank Sinatra, du 5 au 17 juin à La Cinémathèque française

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