Critiques

Lesanimaux
fantastiques
Bêtesonthebeat


3,5
Par Hubert Charrier 05/12/2016

Sortir cinq films d’un recueil de 90 pages, un coup de baguette à faire rougir le plus habile des sorciers. Après tout, pourquoi se priver, Harry Potter est une saga lucrative et jusqu’à présent la magie opère. Pour Les Animaux fantastiques, Warner décide de la jouer fine et montre patte blanche, laissant le scénario au bon soin de J.K Rowling et la caméra au commode David Yates. De quoi rassurer moldus accros et banquiers pingres. Pour les mélomanes, l’arrivée de James Newton Howard est accueillie avec bienveillance. Un Newt pour un Newt (Scamander), l’ordre des choses.

Compositeur au style éclectique, il faut admettre qu’Howard a tout du profil idoine. King Kong, Le village, la saga Hunger Games ou encore récemment Le chasseur et la reine des Glaces, autant d’univers musicaux singuliers et de bandes originales réussies. Pas surprenant de retrouver dès lors notre ami sur Les Animaux fantastiques, une production qui souhaite s’émanciper sans renier pour autant le grand frère.

Des thèmes, des idées et une resucée

Lâché quelques semaines avant la sortie du film, le morceau Main Titles – Fantastic and Where to find them avait de quoi laisser dubitatif. Une reprise pas très finaude du thème culte et quelques accords noyés ensuite par des grosses percussions ternissaient un dernier tiers réjouissant et enlevé. Ce que nous ne pouvions pas saisir, c’est le côté cathartique de ce titre introductif. Une minute et quarante secondes, un minimum pour recracher huit films et s’extirper du ton sombre des derniers opus.

Les animaux fantastiques ne sera donc pas le récital servile redouté. Cela n’empêche pas le compositeur de puiser ici et là pour emballer la mécanique. Sans en atteindre la finesse, l’utilisation des voix nous rappelle les belles heures de Danny Elfman avec There are Witches Among Us, Tina Takes Newt In et surtout A Close Friend, morceau flirtant dangereusement avec Edward aux mains d’Argent. Étrange idée de l’avoir décliné à plusieurs reprises (Newt Release the Thunderbird, Newt says Goodbye to Tina), renforçant l’impression de voguer en terre Burtonienne.

Pourtant, Howard ne manque pas d’idées et de thèmes. Inside Case est une incroyable visite dans le bestiaire de Newt Scamander, In the Cells et The Obscurus apportent une noirceur nécessaire et le End Titles reprend ce style conquête de l’Ouest disséminé déjà dans Gnarlak Negotiations et You’re one of us now. Finalement, c’est sur les pistes jazz et années folles que notre compositeur semble s’épanouir le plus, accompagnant avec malice les péripéties du jeune anglais dans ce New-York d’après guerre. Jacob’s Bakery et la dernière partie de A Man and His Beasts sont à tomber, Blind Pig, chanté par Emmi et écrit par J.K Rowling, est un petit bijou quand Kowalski Rag conclut parfaitement le tout. Trois des meilleures pistes, uniquement sur l’édition Deluxe…Des vrais Niffleurs chez Warner.

Les Animaux fantastiques, une bande originale à retrouver sur notre radio et en physique (et Deluxe), sur le label WaterTower Music