Critiques

LesSeptMercenaires
Ledernierpourlaroute


3,5
Par Hubert Charrier 10/10/2016

Les chatouilleurs de gâchette et autres desperados mal rasés n’auront surement pas laissé filer Les Sept Mercenaires, dernier long métrage d’Antoine Fuqua, hommage réussi et original au film de 1960. Au-delà des amateurs de gunfights, ce sont surtout les amoureux de musique qui attendaient d'une botte ferme et crottée la bande originale, dernière occasion d’entendre sur grand écran le “Danger Motif”, gimmick obsessionnel dans la discographie de James Horner.

L’année dernière, peu de temps après avoir signé La rage au ventre, James Horner composait, à Londres, un premier jet pour Les sept Mercenaires, en compagnie de son ami Simon Franglen. L’enjeu est excitant, marcher dans les pas de Bernstein sans tomber dans le piège d’une resucée inappropriée. Une semaine plus tard, le décès brutal du compositeur vient sévèrement compromettre les ambitions musicales du film.

Du punch et du cœur

Choqué, Simon Franglen décide, avec une poignée d’amis, de ne pas laisser pourrir le travail laissé en amont par Horner et de finir ainsi ce qui a été entamé à Londres. Fort de ces thèmes, désormais orchestrés et arrangés, le résultat est présenté sur le tournage du film à un Fuqua ému et forcément séduit. Derrière la belle histoire, que vaut cette composition post-mortem ?

L’introduction de l’album, Rose Creek Oppression, donne rapidement le ton. Une minute et 57 secondes pour rassurer les amoureux, oui, l’ombre du compositeur pèse belle et bien sur ce projet. Les sonorités sauvages portées par un souffle de flûte, la trompette, l’utilisation des voix, Les Sept Mercenaires chevauche en terrain Hornerien. Street Slaughter et sa conclusion vocal évoquera ainsi, entre autres, le Shutting Down Grace’s Lab d’Avatar avec un recours aux gros tambours et aux percussions tintés quand les premières notes de Magic Trick ou Red Harvest rappelleront le goût du compositeur pour le piano et les mélodies “claires”.

L’autre ombre qui plane sur Les Sept Mercenaires, c’est inévitablement Elmer Bernstein avec ce mythique thème repris dans son entité au générique final. Pour autant, il n’est pas laissé de côté et Volcano Springs en est l’utilisation la plus significative. Si, sur la longueur, l’album souffre un peu et aurait surement gagné à être amputé de quelques pistes, le résultat reste largement enthousiasmant. Les derniers morceaux, amples et épiques (Faraday’s Ride, The Darkest Hour, Seven Riders) épousent le final réussi d’un remake qui montre autant de punch que de cœur.

Volontairement, Les Sept Mercenaires rechigne à s’affranchir d’Horner et c’est là tout le talent de Simon Franglen. Avec brio, il offre l’occasion inespérée d’une dernière virée en compagnie du grand James et de sept mercenaires sévèrement burnés. Un voyage sur tous les plans supérieurs aux récentes soupes estivales.

Les Sept Mercenaires, une bande originale à découvrir sur notre radio et en physique, chez Sony Classical.