Critiques

Sully
Capitaineapaisé


4,0
Par Hubert Charrier 19/12/2016

Pour qui n’est pas familier du personnage et du cinéma d’Eastwood, Sully peut s’apprécier comme tel, un bon film sur un amerrissage réussi. Ce serait passer un poil à côté du sujet. Deux ans après le très clivant American Sniper, replacer ce nouveau chapitre en perspective de la pléthorique carrière de son réalisateur permet de mieux en cerner toute la richesse. Loin de la violence et de l’amertume inhérente à la vie du tireur d’élite Chris Kyle, Clint Eastwood profite cette fois du pilote Chesley Sullenberger pour poser un regard apaisé et bienveillant, une douceur portée par la voix délicate de Tierney Sutton et la musique de Christian Jacob.

Voilà déjà plusieurs années que Clint Eastwood tournait autour de Tierney Sutton et son band. De brèves rencontres et deux concerts privés aboutissent finalement à un coup de téléphone. Le réalisateur souhaite que la chanteuse et son pianiste Christian Jacob viennent écouter quelques morceaux temporaires de son prochain film, Sully. Un prétexte, Eastwood espère en fait que les deux musiciens acceptent d’en composer la musique.

Une improvisation maitrisée et cohérente

Particulièrement concerné par la musique de ses films, parfois compositeur, souvent mélodiste, notre cinéaste a déjà un thème en tête. Assis au piano, il le propose avec élégance à Christian Jacob qui décide d’en faire le cœur de cette bande originale, la chanson Flying Home (Sully’s Theme). Un piano léger, une contrebasse, une percussion vaporeuse et la voix suave de Tierney Sutton, la mélodie ne pouvait trouver plus bel écrin.

Développé dans le reste de l’album, dès les premières secondes avec Sully Suite et en clôture avec Rescue, le thème principal cohabite avec trois autres composés pour l’occasion, le tout dans une improvisation maitrisée. En 50 minutes de score, pas d’accrochage, à l’image de l’amerrissage sans heurt du vol 1549 US Airways.

Les pistes plus rythmées comme F4 Malfunction ou Grey Goose with a Splash of Water permettent de varier l’écoute sans dénaturer un ensemble parfaitement cohérent, en osmose avec son sujet. Non, Sully n’est pas un film sur un amerrissage réussi, Sully est un dernier tour de piste, un film empli de sagesse, de bienveillance et d’optimisme. Le message d’un homme qui a bien vécu, un homme de 86 ans.

Sully, une bande originale à retrouver en physique sur le label Varese Sarabande